Vu sur la toile

Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /2009 10:51

Maillot Anelka
Le 16 décembre, 20minutes.fr mettait en ligne sur son site, une inteview de Nicolas Anelka. Au détour d'une question portant sur l'expatriation du footballeur en Angleterre, ce dernier s'est lancé dans un réquisitoire en règle contre la fiscalité française... oubliant, apparemment, à quel point la France, au travers de son modèle social, lui avait permis de devenir ce qu'il est aujourd'hui. Une réponse sous forme de "coup de gueule" m'est tout d'abord apparue opportune, voire indispensable... jusqu'à ce que je lise l'article consacré par notre ami David Desgouilles sur son excellent site Antidote. Vous en trouverez une reproduction ci-dessous. Un dernier mot : bien qu'il soit prématuré, en ce milieu du mois de décembre, de formuler des voeux pour l'année à venir, permettez-nous, seulement, de caresser l'espoir que Monsieur Anelka ne sera pas sélectionné par Raymond Domenech pour intégrer l'équipe de France en vue de la Coupe du Monde de football qui se déroulera en 2010. Celà évitera à Nicolas anelka de représenter un "pays hypocrite".

Antidote.jpg
Un hypocrite répond à Anelka

ou "Petit cours d’instruction civique à un petit connard millionnaire"

par David Desgouilles

 

Mardi, dans 20minutes.fr, j’ai eu l’occasion de lire, dans un entretien avec le footballeur Anelka, un passage qu’il faudrait graver dans le marbre tant il symbolise l’air du temps.

Qu’on en juge :


« Qu’est ce qui vous manque en Angleterre, que vous aviez en France ? »

« Rien. En France, tu ne peux pas faire ce que tu as envie. J’aimerais bien habiter en France, mais ce n’est pas possible. On sait pourquoi, niveau fiscalité… Si je veux rouler en grosse voiture, je suis regardé différemment. J’aime bien aller à Paris, c’est ma ville. Mais quand je sais que je peux repartir. Deux semaines, un mois, six mois, c’est bien.

Je ne veux pas jouer au foot et payer (ndlr, aux impôts) 50% de ce que je gagne. L’argent que j’ai, il est pour mes enfants (ndlr, il n’en a qu’un pour le moment). Si je peux leur offrir quelque chose, je le ferais là où il n’y a pas de fiscalité. C’est comme ça que je le vois. Si certains sont choqués tant pis. Mais la France, c’est un pays hypocrite. »

Voilà. Tout pour ma gueule et celle de ma progéniture.


L’école étant obligatoire jusqu’à seize ans, footballeurs compris, Nicolas Anelka a pourtant certainement assisté à quelques cours d’instruction civique. Il semble, malheureusement, qu’au cours de ces derniers, il se soit souvent assoupi près du radiateur. Dévouons nous donc pour lui en rappeler quelques rudiments agrémentés d’exemples concrets.


Imaginons un jeune adolescent de 14 ans en 1993. Nous l’appellerons Nicolas A. Il entre à l’Institut National du Football à Clairefontaine dans la région parisienne. Il s’agit d’un centre de formation financé par l’Etat et qui a pour but de former ce qui pourrait devenir l’élite du football de demain. Financé par l’Etat, cela signifie que c’est payé par les impôts. J’ai donc participé moi-même à loger, nourrir et blanchir Monsieur Anelka puisque je payais des impôts ces années là. J’ai aussi participé à payer tous les entraîneurs qui lui ont appris à contrôler correctement un ballon, les masseurs qui ont pris soin de ses beaux muscles et les jardiniers qui tondaient la pelouse sur laquelle il allait s’entraîner.


Voilà à quoi sert la fiscalité, notamment. C’est aussi très pratique pour financer le bitume sur lequel la Ferrari et la Porsche pourront rouler. Mais il n’y pas que cela. En France, nous avons un système qui s’appelle “Sécurité sociale”.

Revenons au petit Nicolas A., footballeur à Clairefontaine en 1994. Il a un gros bobo au genou. Grâce à l’assurance-maladie et aux cotisations que tous les travailleurs voient déduites de leurs salaires, on a pu le remettre sur pied afin qu’il puisse continuer à jouer et à devenir un grand footballeur. Moi-même, j’ai donc participé à soigner les bobos de Monsieur Anelka.


Donc, Monsieur Anelka préfère vivre en Angleterre. La fiscalité y est plus douce, surtout pour les stars du ballon rond. Cela comporte quelques inconvénients. Par exemple, beaucoup d’Anglais viennent se faire soigner à Calais. Et, dans le pays de Sa Grâcieuse Majesté, on forme beaucoup moins de footballeurs de qualité qu’en France. Il n’y a pas d’INF. Les clubs anglais préfèrent acheter le joueur déjà formé, brésilien, néerlandais, africain ou français. C’est moins hasardeux. J’entends déjà mon Nicolas qui rétorque : "ils sont bien plus malins, vous zavez qu’à faire pareil !” Sauf que si tout le monde fait pareil, on ne forme plus de joueurs et on a une qualité du foot qui disparaît.


Nous sommes en Angleterre. Restons y. Allons même à Londres, dans le quartier de Chelsea. Il y a là un club qui, notamment, rémunère grassement un certain Nicolas Anelka. Oui, 483 000 euros mensuels, on peut estimer que le mot "grassement" n’est pas de trop. Ce club est la propriété d’un certain Abramovitch. Au prix où sont payés les joueurs dans cette équipe, il va de soi que le proprio y met beaucoup de sa poche personnelle. En tant que citoyen français, évidemment, je n’ai rien à dire contre ce mécénat. Chelsea est la danseuse de Monsieur Abramovitch, c’est son droit le plus strict, après tout. Si j’étais citoyen russe, en revanche, je serais un peu plus agacé. Car la fortune de Roman Abramovitch s’est construite sur le dos du peuple russe, spolié par la privatisation de l’industrie pétrolière pendant les années Eltsine.


Donc, en France, on prélève et redistribue davantage que de l’autre côté de la Manche. Pourtant, un autre Nicolas a mis en place un bouclier fiscal à 50 %. Cela ne suffit pas à Anelka. L’autre Nicolas, pourtant, n’aime pas beaucoup l’hypocrisie. Il n’arrête pas de le dire. Son côté bling-bling, il le justifie par une aversion pour elle, justement. Anelka devrait être séduit par une France dirigée par un homme aussi décomplexé devant l’argent que Nicolas Sarkozy.

Même pas. Il veut gagner ses cinq cents smics mensuels et les garder rien que pour lui. Surtout ne rien rendre au pays qui lui a permis d’arriver là où il est. Et lui cracher à la gueule !


Donc, les hypocrites seront francs. Ils suggèrent à Monsieur Anelka de rester bien loin de la France qu’il abhorre. De garder ses jugements sur notre fiscalité et la redistribution qu’elle permet et de les mettre à la banque avec son pognon.

Par DLR 24 - Publié dans : Vu sur la toile
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 22:23


A l'occasion du 39ème anniversaire de la disparition du Général de Gaulle, nous vous invitons à visiter le site de la Fondation Charles de Gaulle qui retrace les grandes étapes du parcours de cet homme hors du commun.

Par DLR 24 - Publié dans : Vu sur la toile
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /2009 23:38

Dans le prolongement de l'intervention de Nicolas Dupont-Aignan, sur son blog, pour aborder la mise en oeuvre d'un protectionnisme "raisonnable" en Europe, vous pouvez consulter la vidéo, ci-dessous. Ainsi, les industriels actuellement réunis à Davos ainsi que notre Ministre de l'Economie et des Finances, Christine LAGARDE, ont plaidé, à demi-mots, pour l'adoption de mesures protectionnistes à l'échelle européenne.

Par DLR 24 - Publié dans : Vu sur la toile
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 10 janvier 2009 6 10 /01 /2009 09:55

Même Alain Juppé n'a pu s'empêcher, sur son blog, de s'offusquer de l'indécence dont a fait preuve Nicolas Sarkozy lors de ses voeux aux parlementaires... et si c'est "le premier d'entre nous" qui le dit... Néanmoins, Alain Juppé n'aurait-il pas dû publier cette "note brève" dans la catégorie "coup de gueule" ?
 

Par DLR 24 - Publié dans : Vu sur la toile
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 10 janvier 2009 6 10 /01 /2009 08:19

Sur son blog gaulliste libre, Laurent Pinsolle se livre, dans un billet publié la veille et intitulé les voeux indécents de Nicolas Sarkozy, à une analyse critique (mais ô combien opportune !) des voeux formulés par le Président de la République à l'attention des parlementaires français. A lire.

Avant-hier, Nicolas Sarkozy a présenté ses vœux aux parlementaires Français. Après une prestation ratée, le 31 décembre, où sa gravité et sa compassion n’ont pas convaincu grand monde, on a retrouvé le vrai Sarkozy dans un "one man show" de 40 minutes.

Nicolas Sarkozy, sauveur du monde.

Ce discours a été l’occasion d’un nouveau numéro d’autosatisfaction. Le président a refait la chronologie de la crise et soutenu avoir sauvé les banques françaises de la faillite. Il a glorifié sa présidence de l’Union qui aurait permis à l’Europe de parler d’une seule voix. Et il a remis en perspective son "paquet fiscal" comme un plan de relance décidé avant la crise avec une certaine "baraka" et qui aurait permis d’en amortir le début. Très satisfait de lui, il a affirmé : "on a sauvé les banques, on a relancé l’économie, on refonde le capitalisme parce que les mêmes causes ne peuvent pas produire les mêmes effets".
Si certains points étaient justes (système monétaire notamment, refondation du capitalisme), le problème est qu’il y a toujours un grand écart entre ce que dit Nicolas et ce que fait Sarkozy. Passons sur les approximations de son discours mais il reste troublant que la France soit le seul pays a avoir prêté de l’argent à ses banques au lieu de rentrer dans leur capital. L’effet du paquet fiscal a pour le moins été limité quand on regarde le niveau de la croissance en 2008 et le niveau du plan de relance reste très faible par rapport aux efforts américains ou allemands…

L’acteur autocrate.

Une chose d’absolument incroyable, quand on écoute Nicolas Sarkozy, est sa capacité à dénier tout désaccord avec lui-même. Ainsi, il serait impossible d’être contre le partage de l’ordre du jour à l’Assemblée, alors que cela représente une remise en cause importante du principe de prééminence de l’exécutif dans la Vème République. Bref, pour résumer, dans une dialectique imparable, le président se place toujours du côté du bien et de la raison alors que ses adversaires seraient forcément des conservateurs qui ne veulent rien changer et qui refusent les lumières de leur courageux guide suprême.

Mais le pire était peut-être le ton de cette intervention. Bien loin de la retenue que devrait lui inspirer sa fonction, Nicolas Sarkozy s’est davantage comporté comme un acteur de "one man show", avec un certain talent il est vrai. Son introduction était à mille lieux de ce que l’on peut attendre d’un Président. Son attaque à peine voilée contre Jacques Chirac, "roi fainéant", était d’une mesquinerie indigne de sa fonction, surtout de la part de quelqu’un qui vient de reculer sur la réforme du lycée et du travail du dimanche.

Nicolas Sarkozy a fait de sa présidence un tourbillon permanent avec des interventions journalières à la dialectique imparable. Mais l’écart incroyable entre les faits et le tableau peint par le président le met dans une position difficilement tenable, comme l’illustre le résultat des élections de 2008…

Par DLR 24 - Publié dans : Vu sur la toile
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés