Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 11:27

Maurice Allais, seul lauréat français du prix Nobel d'économie, prône un "protectionnisme raisonné" dans le commerce mondial et qualifie de "méprise monumentale" la libéralisation des échanges prônée par l'Organisation Mondiale du Commerce, dans une tribune publiée, samedi 5 décembre 2009, dans l'hebdomadaire Marianne.

La dénonciation du protectionnisme est "absurde chaque fois qu'elle est exprimée sans nuances", estime cet ancien membre du CNRS primé en 1988, jugeant qu'il existe des protectionnismes "néfastes tandis que d'autres sont entièrement justifiés".

Si le protectionnisme entre pays à salaires comparables "»n'est pas souhaitable en général", celui entre "pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié mais absolument nécessaire", assure Maurice Allais.

Selon lui, la concurrence n'est ainsi "pas viable" face à des pays où les coûts de fabrication sont bien plus faibles, en Chine, en Inde mais aussi "au sein même de l'Europe".

Maurice Allais propose un système alternatif : créer des ensembles régionaux plus homogènes, unissant des pays aux conditions sociales similaires, au sein desquels une "saine et réelle" concurrence s'exercerait mais qui pourraient se "protéger de manière raisonnable" contre les coûts de production pratiqués à l'extérieur de ces zones.

"L'absence d'une telle protection apportera (...) la destruction de toutes les industries de l'Europe de l'Ouest et celle des pays développés" et provoquera une croissance "dramatique" du chômage, prédit l'économiste.

Selon lui, Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation Mondiale du Commerce, commet "une méprise monumentale" en demandant l'accélération du processus de libéralisation des échanges. "Il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy", ironise Maurice Allais.

Les 153 membres de l'OMC, qui étaient réunis cette semaine à Genève, ont réaffirmé leur souhait de conclure en 2010 les négociations dites du cycle de Doha sur la libéralisation des échanges.

Source : Agence France Presse

Par DLR 24 - Publié dans : Vie du mouvement
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Commentaires

Pour revenir à la concurrence, elle ne peut s'expliquer qu'avec des raisonnements primaires. pour avoir des prix "asatiques" il convient d'avoir des coûts de production asiatiques, des horaires semblables, des salaires similaires,des charges sociales employé-employeur identiques, des droits et congés proches, des conditions totalement calquées. Vivre à l'identique certes, mais la disparité, le vertige des pourcentages et profits à justifié cette délocalisation. Comment expliquer mathématiquement , dignement un vêtement à l euro! La croissance et l'emploi en France, voilà ce que N Sarkozy devait aller chercher avec énergie.Le chomage, ne peut qu'augmenter si le critère d'achat demeure le prix.
Commentaire n°1 posté par Margaux le 07/12/2009 à 19h58
Mathématiquement c'est évident, et le chomage ne peut qu'aller croissant. Chiffrer le prix d'arrivée d'un produit délocalisé, et du même , fabriqué en France, voilà un véritable challenge. La seule intervention de salarié français plombe la facture, ne parlons pas de fabrication manuelle, alors là, c'est ... l'explication des fermetures de ceux qui ont voulu faire du franco-français. Osez présenter deux produits totalement identiques : 15 e délocalisé (après super profits de grande distribution) et le même à 45 e fabriqué en Aveyron, par ... une usine usée. Vite choisi le social ou le porte monnaie ? Parlez vrai osez les chiffres qui tuent notre industrie, nos salariés...
Commentaire n°2 posté par Olivier le 07/12/2009 à 20h14
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