
C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons appris la disparition brutale et prématurée de Philippe Séguin. Les hommages unanimes de la classe politique française montrent à quel point, au-delà
des traditionnels clivages partisans, l’homme était reconnu pour la force de ses convictions inébranlables et pour l’indépendance d’esprit dont il faisait souvent preuve, encore récemment dans
l’exercice de sa fonction de Premier Président de la Cour des Comptes. Bien entendu, chacun se souvient de ses qualités oratoires qui, longtemps, en ont fait l’un des meilleurs tribuns du RPR et
de son implication dans la campagne réferendaire contre le traité de Maastricht. C’est d’ailleurs à l’occasion d’un déplacement au Parc des Expositions de Marsac, en 1992, aux côtés d’Yves
Guéna, de Pierre Bourland et des cadres locaux du RPR, que Philippe Séguin avait emporté l’adhésion d’une très grande majorité des gaullistes de Dordogne qui s’était opposé à la ratification
du traité de Maastricht.
Nous conserverons de Philippe Séguin l’image d’un grand serviteur de l’Etat, d’un gaulliste viscéral et d’un défenseur infatigable des valeurs républicaines. Pour nombre d’entre nous, il restera un exemple. Souhaitons que tous ceux qui, aujourd’hui, lui ont rendu un hommage appuyé, s’inspirent, dans leur façon de faire de la politique, des vertus d’un homme qui aura, jusqu’à la fin, placé au dessus de tout, les valeurs de la République, de la Nation et du mérite.
Pascal BILLAT
Secrétaire départemental
Quelques lignes extraites d'Itinéraire dans la France d’en bas, d’en haut et d’ailleurs, livre écrit
par Philippe Séguin et publié aux éditions du Seuil en 2003.
"On me dira sans doute que j’ai échoué. Et qu’à m’être laissé encombrer d’idées, de conceptions et de
comportements dépassés, je n’ai à m’en prendre qu’à moi-même puisque la preuve est faite que l’efficacité est ailleurs.
Je ne crois pourtant pas que ce soit à cette aune que je doive être jugé. Je n’étais pas de droite. J’ai fait un choix politique majeur, il y a quelques décennies. J’ai choisi, précisément De
Gaulle parce qu’il refusait ces clivages. Je l’ai choisi parce qu’il incarnait une certaine manière de concevoir l’action publique. Je l’ai choisi parce qu’il refusait déterminisme et pesanteurs
sociologiques et qu’il plaçait le politique au-dessus de tout. Je l’ai choisi parce qu’il avait lui-même choisi la démocratie et la République.
Je sais que le reniement des principes auxquels on croit est le meilleur raccourci vers les victoires électorales. Je n’y consentirai jamais".
Cliquez sur l'image, ci-dessous, pour revoir l'intervention de Philippe Séguin à l'Assemblée Nationale, le 5 mai 1992, défendant l'exception d'irrecevabilité contre les transferts de compétences nécessaires à l'établissement de
l'Union économique et monétaire européenne en vue de l'application du traité de Maastricht.
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