Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /Août /2009 12:15

La mise en place de la Révision Générale des Politiques Publiques constitue un chantier majeur voulu par le président de la République et engagé, dès 2007, par le gouvernement. Si l’objectif initial est louable, s’agissant, d’ailleurs, d’une action qui s’inspire et amplifie les orientations déjà engagées sous le gouvernement de Dominique de Villepin dans le cadre de la modernisation de l’Etat, les conséquences inhérentes à certaines décisions suscitent, toutefois, quelques critiques. Bien entendu, il ne s’agit pas d’imiter le Parti Socialiste qui, faisant preuve d’un manque de discernement évident et faisant feu de tout bois pour caricaturer l’action du gouvernement, s’oppose systématiquement à l’ensemble de ce projet dont certains points révèlent, pourtant, une véritable et incontestable ambition pour rationaliser les missions dévolues aux différents services de l’Etat.

Néanmoins, s’agissant des mesures validées par le Conseil de Modernisation des Politiques Publiques, celles touchant à l’organisation du Ministère de l’intérieur et plus précisément à la redéfinition des tâches du personnel de la Police Nationale, semblent se traduire, dans les faits, par une baisse particulièrment inopportune du recrutement des effectifs. En effet, face à une insécurité qui, malgré le discours toujours volontaire affiché par Nicolas Sarkozy (à quelque poste qu’il ait occupé depuis plusieurs années, y compris avant son accession à la présidence de la République), reste à un niveau élevé, s’agissant notamment de l’inquiétante recrudescence des violences à la personne, il appartient à l’Etat, dans l’exercice de ses fonctions régaliennes, d’organiser une riposte proportionnelle qui ne peut s’inscrire dans la seule redéfinition des missions des effectifs en place. Or, il semblerait que l’objectif du gouvernement soit de réduire, de façon drastique, la voilure en matière d’effectif policier et de gendarmerie au cours des deux prochaines années et, par conséquent, de limiter la formation et les concours d’entrée dans la Police.

Dans un communiqué de presse daté du 17 juillet dernier, Nicolas Dupont-Aignan, Président de Debout La République, interpellait le gouvernement pour que, face à l’appel au secours légitime exprimé, à ce sujet, par plusieurs syndicats de policiers, il assume ses responsabilités et mette en accord ses actes avec les discours sans cesse répétés du président de la République en matière de sécurité, en se prononçant immédiatement pour le gel de la suppression de 5.000 postes dans la Police Nationale.

Au-delà de cette prise de position responsable, la Fédération de la Dordogne de Debout La République tient à rappeler que les décisions gouvernementales pourraient, de surcroît, avoir des répercussions dramatiques sur la situation économique de notre département. En effet, la Dordogne compte, à la fois, une école de Gendarmerie à Saint-Astier et une des 14 écoles nationales de Police à Périgueux. Dans son édition du samedi 1er août 2009, le quotidien Sud-Ouest relatait, d’ailleurs, les interrogations du personnel de l’école nationale de Police de Périgueux qui, dans le cadre de la cérémonie organisée pour la sortie de la 219ème promotion de gardiens de la paix, s’inquiétait de n’avoir reçu, à ce jour, aucune information sur les futurs recrutements et, plus précisément, sur l’ouverture d’une nouvelle cession au mois de septembre prochain. C’est pourquoi, la Fédération de Debout La République de Dordogne s’élève contre une disposition qui aurait comme double conséquence, un affaiblissement des pouvoirs de l’Etat dans la lutte contre l’insécurité au niveau national, et une fragilisation de l’économie du département de la Dordogne que la crise actuelle rendrait encore plus sensible.


Pascal BILLAT
Chargé de Mission
Par DLR 24 - Publié dans : Actualités locales
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