Samedi 10 janvier 2009 6 10 /01 /Jan /2009 08:19

Sur son blog gaulliste libre, Laurent Pinsolle se livre, dans un billet publié la veille et intitulé les voeux indécents de Nicolas Sarkozy, à une analyse critique (mais ô combien opportune !) des voeux formulés par le Président de la République à l'attention des parlementaires français. A lire.

Avant-hier, Nicolas Sarkozy a présenté ses vœux aux parlementaires Français. Après une prestation ratée, le 31 décembre, où sa gravité et sa compassion n’ont pas convaincu grand monde, on a retrouvé le vrai Sarkozy dans un "one man show" de 40 minutes.

Nicolas Sarkozy, sauveur du monde.

Ce discours a été l’occasion d’un nouveau numéro d’autosatisfaction. Le président a refait la chronologie de la crise et soutenu avoir sauvé les banques françaises de la faillite. Il a glorifié sa présidence de l’Union qui aurait permis à l’Europe de parler d’une seule voix. Et il a remis en perspective son "paquet fiscal" comme un plan de relance décidé avant la crise avec une certaine "baraka" et qui aurait permis d’en amortir le début. Très satisfait de lui, il a affirmé : "on a sauvé les banques, on a relancé l’économie, on refonde le capitalisme parce que les mêmes causes ne peuvent pas produire les mêmes effets".
Si certains points étaient justes (système monétaire notamment, refondation du capitalisme), le problème est qu’il y a toujours un grand écart entre ce que dit Nicolas et ce que fait Sarkozy. Passons sur les approximations de son discours mais il reste troublant que la France soit le seul pays a avoir prêté de l’argent à ses banques au lieu de rentrer dans leur capital. L’effet du paquet fiscal a pour le moins été limité quand on regarde le niveau de la croissance en 2008 et le niveau du plan de relance reste très faible par rapport aux efforts américains ou allemands…

L’acteur autocrate.

Une chose d’absolument incroyable, quand on écoute Nicolas Sarkozy, est sa capacité à dénier tout désaccord avec lui-même. Ainsi, il serait impossible d’être contre le partage de l’ordre du jour à l’Assemblée, alors que cela représente une remise en cause importante du principe de prééminence de l’exécutif dans la Vème République. Bref, pour résumer, dans une dialectique imparable, le président se place toujours du côté du bien et de la raison alors que ses adversaires seraient forcément des conservateurs qui ne veulent rien changer et qui refusent les lumières de leur courageux guide suprême.

Mais le pire était peut-être le ton de cette intervention. Bien loin de la retenue que devrait lui inspirer sa fonction, Nicolas Sarkozy s’est davantage comporté comme un acteur de "one man show", avec un certain talent il est vrai. Son introduction était à mille lieux de ce que l’on peut attendre d’un Président. Son attaque à peine voilée contre Jacques Chirac, "roi fainéant", était d’une mesquinerie indigne de sa fonction, surtout de la part de quelqu’un qui vient de reculer sur la réforme du lycée et du travail du dimanche.

Nicolas Sarkozy a fait de sa présidence un tourbillon permanent avec des interventions journalières à la dialectique imparable. Mais l’écart incroyable entre les faits et le tableau peint par le président le met dans une position difficilement tenable, comme l’illustre le résultat des élections de 2008…

Par DLR 24 - Publié dans : Vu sur la toile
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