Au terme du premier tour de scrutin des élections cantonales qui se sont déroulées dimanche dernier, 20 mars 2011, il semble raisonnable de tirer trois grands enseignements
difficilement discutables :
1 - l'UMP a pris une gifle électorale conséquente puisque les candidats qui se sont présentés sous l'étiquette de la majorité
présidentielle (impossible de dire "sous l'étiquette de l'UMP" tant il est vrai que l'appartenance au parti majoritaire a été gommée de la plupart des affiches et documents électoraux des
candidats de droite) n'ont pu s'exonérer de la politique nationale conduite par le gouvernement et qui semble être désormais rejettée par une très large majorité des français,
2 - le parti socialiste confirme sa percée des régionales de 2010 mais sans, pour autant, que cette remontée du principal parti
d'opposition reflète une réelle adhésion des électeurs. Il s'agit plus de sanctionner le gouverment que d'accorder une quelconque confiance au PS pour représenter une alternative crédible dans la
perspoective des prchaines consultations électorales majeures,
3 - le Front National, avec des scores rarement atteints à l'occasion d'une consultation locale, revient au centre du jeu politique
français et les différents commentaires et prises de positions qui ont suivi ce premier tour de scrutin sont symptomatiques de cette situation.
Alors qu'au lendemain du second tour de ces élections cantonales, seront très probablement lancées, au sein de chaque famille
politique, les grandes manoeuvres pour l'élection présidentielle de 2012, Debout La République, qui compte bien participer au travers de la candidature de Nicolas Dupont-Aignan, au
débat politique majeur que constitue cette élection, n'échappera pas à une nécessaire clarificaiton de son positionnement face au Front National. En effet, il faut être lucide : les prises de
positions qui peuvent paraître communes comme, par exemple, la sortie de l'euro, vont inévitablement amener les observateurs et commentateurs de la vie politique française à dresser
systématiquement des parallèles entre les programmes de DLR et du FN.
Par ailleurs, on observe déjà que des mouvements politiques avec lesquels nous avons eu l'occasion de partager les tribunes, voire
de mener des campagnes conjointes, dès lors que notre attachement à certaines valeurs comme la souveraineté nationale consituait un socle idéologique commun, ont d'ores et déjà appelé à
un rassemblement des "mouvements patriotiques" englobant DLR, le MPF... et le Front National. Or, au delà des différences de fond qui nous éloignent du Front National, une
telle stratégie serait suicidaire pour notre mouvement qui aspire, justement, à représenter l'alternative gaulliste et sociale qui permettra, un jour, à nos compatriotes de s'opposer
efficacement à un système qui a progressivement confié les vrais pouvoirs de décision à des organes extra-nationaux. Au jourd'hui, le manque de notoriété de Debout La République dans le paysage
politique français, amène les électeurs à exprimer leur
écœurement de la politique au travers du seul prisme réducteur que représente le Front National.
Pour autant, que les choses soient claires. Il ne s'agit pas, comme le font avec beaucoup d'arrogance et une condescendance
manifesstement contre-productive, les représentants de la gauche, de stigmatiser à outrance le Front National et encore moins les électeurs qui ne trouvent plus que le bulletin de vote FN pour
exprimer leur ras-le-bol. Il s'agit d'affirmer qu'il existe une autre voie qui, autour du rassemblement du peuple français, permette réellement à notre pays de reprendre la conduite de
ses affaires.
Au travers d'un excellent billet qu'il a publié sur le site national de Debout La Républqiue, c'est ce même sentiment que traduit de
façon beaucoup plus éloquente notre vice-président, François Morvan. A lire sans modération.
LA FRANCE A LA
CROISÉE DES CHEMINS
par François MORVAN
Vice-président de Debout la République
Le système politique bâti depuis trente ans entre l’UMP et le PS est au bord de
l’implosion. Voilà ce que nous disent les résultats des cantonales, toutes les études d’opinion effectuées autour de ces élections, et la cacophonie qui s’ensuit, ou se poursuit, aussi bien au
gouvernement qu’au Parti socialiste.
Les français renouent avec l’abstention massive, plus d’un électeur sur deux
ne s’est pas déplacé. L’UMP est clairement en difficulté et en recul, traduisant le désarroi d’un électorat traditionnel de droite devant le vide de la politique de Nicolas Sarkozy et le retour
dans l’abstention ou le vote Front National de ceux à qui la campagne de 2007 avaient fait croire en un vrai changement de cap.
Ce n’est qu’en comparaison de cet échec que la gauche et le Parti Socialiste
peuvent apparaître comme gagnants relatifs du scrutin. En réalité, ils ne progressent que peu sur une mer d’abstention. Dit autrement, la gauche n’est pas aujourd’hui, pour les français, une
alternative crédible.
L’ampleur du vote Front National est avec l’abstention le deuxième élément
marquant. En présentant des candidats dans 25% de cantons de moins, il réunit 92% de ses voix de 2004, atteignant en moyenne 15% des voix et étant présent au second tour dans près de 20% des
cantons renouvelables, à part égale face à des candidats UMP ou de gauche.
Le scrutin des cantonales reflète un point d’inflexion indiscutable dans
l’histoire du pays et traduit une nouvelle étape dans l’épuisement des forces qui ont porté en France le politique de la mondialisation ultralibérale. L’UMP l’a fait au nom de l’idéologie de la
concurrence sans limite comme pris à payer d’un progrès social sans cesse remis à demain. La gauche l’a fait au nom d’un internationalisme confondu avec la disparition des nations. Elles se sont
rencontrées, ont échangé leurs idéologies jusqu’à en devenir des étoiles jumelles.
Confrontés au délitement social, politique, économique de la France, seul un
tiers des citoyens voit encore des différences entre les deux partis qui gouvernent en alternance depuis trente ans. Plus de huit français sur dix estiment que l’avenir du pays est décidé par les
marchés financiers et par l’Union Européenne et que les politiques, qui pourraient reprendre le contrôle du destin du pays ne veulent plus ou ne peuvent plus le faire. Deux tiers des français
pensent que la France est soumise à une immigration excessive et à une insécurité grandissante. Si les françaises et les français gardent encore un espoir dans la capacité de l’élection
présidentielle à peser sur les événements, ils pensent que les autres élections n’ont plus aucune importance.
Les chroniqueurs de l’oligarchie médiatique, politique et financière parlent
de “lepénisation” des esprits. Ils prennent en fait les français pour des imbéciles. Le Front National ne fait en réalité que récupérer à son profit le désespoir des français. 70% des électeurs
mêmes du Front National disent pourtant, au contraire de ce que ce dernier prétend, ne pas adhérer en positif à ses idées, c’est à dire qu’ils ne sont pas dupes des excès - et notamment la
stigmatisation de certains français - que le FN continue à charrier, quoiqu’on dise sur la modernité de Marine par rapport à son père. Mais il s’opère un vrai basculement : ce n’est plus
parce qu’on adhère à ces excès que l’on vote Marine Le Pen, c’est en dépit de cela, parce qu’il semble ne plus rien exister d’autre pour exprimer son refus et son dégoût.
L’UMP comme le PS croient pouvoir encore utiliser le vote Front National. La
présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle assurerait à son adversaire UMP ou PS une victoire sans combat, sous l’égide d’un “Front Républicain” qui ne serait plus que
l’alliance des mêmes intérêts de pouvoir. Et quelle aubaine ce sera de voir le prochain "dérapage" de Jean-Marie Le Pen ou la stigmatisation systématique des français musulmans de la fille venir
jeter le discrédit sur toute politique alternative au système UMPS, puisque Marine Le Pen fait aujourd’hui du copier-coller avec le programme de Debout La République. Le système politique
s’offusque de l’existence du Front National mais il contribue chaque jour à l’entretenir comme voie de stérilisation du vote populaire pour un pays qui ne veut plus de la politique suivie depuis
trente ans.
La France vit ainsi une phase critique de son histoire. Les françaises et les
français le savent. Ils sont de plus en plus nombreux aujourd’hui à utiliser le vote Front National comme la seule arme dont ils croient pouvoir disposer.
Mais la désagrégation du pays ne pourra que se poursuivre dans le renoncement
que serait l’impasse d’un vote massif FN comme seul exutoire.
Raison de plus pour faire grandir l’alternative gaulliste, sociale et
nationale dont la France a tant besoin aujourd’hui.
C’est pourquoi Nicolas Dupont-Aignan sera présent à la présidentielle pour
changer la donne, c’est pourquoi les médias ne lui laissent que si peu de place, et c’est pourquoi tout sera fait pour empêcher que les citoyens n’aient plus le choix qu’entre le maintien du
système et un vote désespéré.
C’est le combat de Debout La République dont rien ne nous fera dévier, parce
qu’à la croisée des chemins, nous sommes sûrs que le peuple français, rejetant les manipulations et les mensonges, va choisir la bonne direction.
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