Par Nicolas Dupont-Aignan - Vendredi 4 septembre 2009
Personne ne doute de l’urgence d’une action globale, résolue et massive pour
inverser un réchauffement climatique à l’œuvre depuis des décennies. Mais ce que l’on appelle "taxe carbone" ou "contribution climat énergie" est paradoxalement le plus
mauvais service à rendre à ce combat essentiel.
A force d’instrumentaliser l’écologie pour des raisons électoralistes, le gouvernement est en train d’en faire le constat
et, face à la résistance générale et légitime à cette fausse bonne idée, il risque de le payer au prix fort.
Le vrai enjeu est effectivement de faire changer les comportements de nos concitoyens qui, d’ailleurs, y sont tout prêts, mais cela implique l’acquisition ou le renouvellement de produits et
équipements. En particulier, il faut inciter et aider les Français à s’équiper le plus vite possible de produits consommant peu et rejetant peu de CO² : chaudières, voitures, isolation des
logements, appareils de chauffage,… Tout cela passe par l’essor de nouvelles filières industrielles offrant aux consommateurs les produits de substitution nécessaires, sans quoi toute politique
de « changement des comportements » ne resterait qu’un vœu pieux.
Or, la taxe carbone dont il est question aujourd’hui ne permettra pas de relever ce double défi, ni celui du renouvellement des équipements lourds des particuliers, ni celui de la mise au point
et de la généralisation de la foule de produits de substitution, puisqu’elle prévoit simplement de taxer les Français - notamment les classes moyennes et les ruraux déjà essorés par la crise -
sans favoriser l’émergence des industries vertes de demain. En quoi alourdir la fiscalité sans permettre de consommer écolo va-t-il servir à la lutte contre le réchauffement climatique ? Ni
la majorité, ni les bobos verts n’ont été capables de nous l’expliquer jusqu’à présent… Et pour cause, ce n’est pas de toute évidence l’objet de cette "taxe carbone" !
Et oui, n’oublions pas que l’Etat est forcément tenté de compenser, d’une manière ou d’une autre, la suppression de la taxe professionnelle, surtout dans un contexte de dérapage budgétaire qui a
vu le déficit être multiplié par deux en moins d’un an… Bref, nous avons affaire à un impôt de plus, habilement (trop peut-être) enveloppé dans un discours pseudo-écologique, qui ne résoudra
rien.
Mais se contenter de critiquer ne suffit pas : il faut, à l’approche du débat parlementaire qui doit être l’occasion d’une remise à plat salutaire, proposer une vraie alternative. Avec les
gaullistes de Debout la République, nous défendrons un projet global et ambitieux :
- l’instauration d’un système de bonus-malus étendu au maximum possible de produits, pour renchérir ceux qui sont très polluants et rendre plus accessibles ceux qui le sont moins,
- l’instauration de droits de douane écologiques aux frontières de l’Union Européenne pour empêcher les entreprises européennes peu scrupuleuses d’aller produire dans les pays où l’on pollue sans
vergogne avant de réimporter en Europe,
- la création d’une taxe sur les superprofits des groupes pétroliers pour financer des transports propres et des programmes durables, et la mise au pas des constructeurs automobiles qui traînent
des pieds depuis des années dans la généralisation du moteur propre, dont la technologie pourrait être rapidement mise au point.
Michel Rocard a toujours été très doué pour inventer de nouveaux impôts mais le problème de la France est justement qu’elle n’a jamais manqué de talents de ce genre ! La lutte contre le
réchauffement climatique vaut mieux que la mise en place de nouvelles usines à gaz fiscales.
Néanmoins, s’agissant des mesures validées par le Conseil de Modernisation des Politiques Publiques, celles touchant à l’organisation du Ministère de l’intérieur et plus précisément à
la redéfinition des tâches du personnel de la Police Nationale, semblent se traduire, dans les faits, par une baisse particulièrment inopportune du recrutement des effectifs. En effet, face à une
insécurité qui, malgré le discours toujours volontaire affiché par Nicolas Sarkozy (à quelque poste qu’il ait occupé depuis plusieurs années, y compris avant son accession à la présidence de la
République), reste à un niveau élevé, s’agissant notamment de l’inquiétante recrudescence des violences à la personne, il appartient à l’Etat, dans l’exercice de ses fonctions régaliennes,
d’organiser une riposte proportionnelle qui ne peut s’inscrire dans la seule redéfinition des missions des effectifs en place. Or, il semblerait que l’objectif du gouvernement soit de réduire, de
façon drastique, la voilure en matière d’effectif policier et de gendarmerie au cours des deux prochaines années et, par conséquent, de limiter la formation et les concours d’entrée dans la
Police.
Au-delà de cette prise de position responsable, la Fédération de la Dordogne de Debout La République tient à rappeler que les décisions gouvernementales pourraient,
de surcroît, avoir des répercussions dramatiques sur la situation économique de notre département. En effet, la Dordogne compte, à la fois, une école de Gendarmerie à Saint-Astier et une des 14
écoles nationales de Police à Périgueux. Dans son édition du samedi 1er août 2009, le quotidien Sud-Ouest relatait, d’ailleurs, les interrogations du personnel de l’école nationale de
Police de Périgueux qui, dans le cadre de la cérémonie organisée pour la sortie de la 219ème promotion de gardiens de la paix, s’inquiétait de n’avoir reçu, à ce jour, aucune information sur les
futurs recrutements et, plus précisément, sur l’ouverture d’une nouvelle cession au mois de septembre prochain. C’est pourquoi, la Fédération de Debout La République de
Dordogne s’élève contre une disposition qui aurait comme double conséquence, un affaiblissement des pouvoirs de l’Etat dans la lutte contre l’insécurité au niveau national, et une
fragilisation de l’économie du département de la Dordogne que la crise actuelle rendrait encore plus sensible.
Dans le cadre
de la discussion de la proposition de loi sur les dérogations au principe du repos dominical, Daniel Garrigue, député non-inscrit de la Dordogne, est intervenu le 7 juillet pour
exprimer ses inquiétudes et son désaccord avec cette proposition de loi.















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