Jeudi 12 novembre 2009
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Tribune de Nicolas Dupont Aignan publiée dans Valeurs
Actuelles du 12 novembre 2009.
Nicolas Sarkozy a été élu en 2007 grâce au ralliement des classes populaires qui se sont
reconnues dans son volontarisme politique et son refus de la pensée unique, tant dans le domaine économique que sur les questions de sécurité et d’immigration. À mi-mandat, la déception est
immense pour la simple raison que ce volontarisme est resté à l’état de discours. Pis, dans le domaine de la sécurité et de l’immigration, sous l’empire de l’ouverture à gauche, les actes sont en
totale contradiction avec les engagements. Ce grand écart est d’autant plus intenable que, faute de s’attaquer à la racine des problèmes, la situation du pays se dégrade de jour en jour: les
violences aux personnes et les cambriolages ont été en forte augmentation ces derniers mois, les ghettos ethniques se renforcent et le trafic de drogue n’a jamais été aussi florissant,permettant
à des adolescents à la dérive de gagner plusieurs centaines d’euros en une seule journée de “travail”!
Comment croire que nos concitoyens pourraient s’intéresser à un énième débat sur l’identité nationale, de surcroît lancé par Éric Besson, transfuge de la gauche, si, au quotidien, ils vivent dans
les banlieues les ravages du politiquement correct inspiré par ce même Besson, qui continue par ailleurs à déclarer que l’immigration est une chance ?
Ce politiquement correct se traduit par des
décisions très concrètes. Tout d’abord, pour la première fois depuis le gouvernement Jospin, les effectifs de policiers et de gendarmes diminuent. Ainsi, dès l’année prochaine, 3800 postes de
gendarmes et 4200 postes de policiers seront supprimés au titre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), qui instaure le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la
retraite. Du côté de la police nationale, les chiffres sont encore plus accablants puisque de nombreux candidats admis aux concours ne sont pas intégrés à des écoles de police – dont plusieurs
seront par ailleurs fermées! Le découragement des forces de l’ordre dans les commissariats est, on s’en doute, à l’avenant…
Ensuite, du côté judiciaire, la pensée unique
est reine en France avec la loi surréaliste dite pénitentiaire, récemment votée, qui supprime en pratique l’incarcération pour toutes les condamnations des primo-délinquants à deux ans de prison
et moins.
Les peines de substitution proposées ne sont
pas appropriées pour des délinquants condamnés à des peines d’un an ou deux de prison ferme, celles-ci punissant des actes particulièrement graves comme des agressions physiques, y compris armées
et en bande.
De surcroît, jamais les remises de peine
n’auront été aussi laxistes. En vertu de la loi Perben de 2004, il existe une remise de peine automatique de trois mois pour la première année d’incarcération et de deux par année suivante, à
laquelle s’ajoutent des remises de peine supplémentaires aisément accessibles (à raison de trois mois par année d’incarcération), sans même parler de la libération conditionnelle. La conjonction
de ces trois dispositifs, qui n’existe dans aucun autre pays au monde, conduit ainsi à ce qu’un détenu criminel condamné à dix ans de prison (par exemple pour homicide volontaire) est libérable
au bout de quatre ans et libéré en moyenne au bout de six!
Enfin, la politique de l’immigration est
totalement inefficace puisque l’on se refuse d’une part à contrôler nos frontières (les pays membres frontaliers de l’Union européenne ne le font pas davantage puisqu’ils savent que les étrangers
ne s’arrêteront pas chez eux), d’autre part à contrôler les prestations sociales qui constituent un véritable appel d’air. Rien que l’aide médicale d’État, à laquelle recourent les immigrés
clandestins, coûte plus de 500 millions d’euros par an à la collectivité !
La France ne peut plus tricher avec la réalité.
Des solutions existent :
– sur l’immigration, il faut faire jouer la
clause de sauvegarde de Schengen en rétablissant les contrôles aux frontières, prononcer un moratoire de cinq ans sur le regroupement familial, remplacer les aides médicales et l’accès aux
hôpitaux par des dispensaires, etc...
– sur la délinquance, il ne faut pas appliquer
la RGPP aux forces de sécurité publique, mais au contraire maintenir les moyens nécessaires au rétablissement de l’ordre. De même, il faut construire le nombre adéquat de places de prison et
réviser les lois laxistes qui laissent en liberté les voyous,
– enfin, il convient d’en finir avec les trafics connus, de démanteler les zones de non-droit, d’enfermer dans des établissements spécialisés les délinquants
juvéniles qui terrorisent aujourd’hui des quartiers entiers.
Nicolas
Dupont-Aignan - Député de l’Essonne et président de Debout La République
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