Jeudi 5 janvier 2012
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Un fait divers parmi d’autres. Voilà comment on pourrait prendre le risque de
passer rapidement sur l’agression dont a été victime un chauffeur de bus, le 4 janvier dernier, à Champcevinel. Mais au-delà d’un acte apparemment isolé, ce type de comportement est symptomatique
du délitement progressif d’une partie de la société qui s’exonère de toute règle du « vivre ensemble » et s’autorise, au travers d’actes légalement répréhensibles, des
manifestations d’humeur totalement inappropriées, particulièrement stupides et, surtout, extrêmement dangereuses pour ceux qui en sont les victimes. Rappelons que, dans le cas présent, il
s’agirait d’un jeune de 16 ans qui, n’acceptant pas que le chauffeur ait eu l’outrecuidance de… lui demander de payer son titre de transport, se serait rebellé en lui assénant un violent coup de
poing au visage. Là où certains parlent d’une « incivilité », il y a lieu d'appeler un chat un chat et de dénoncer, avec fermeté et sans ambiguïté, un acte de violence
grave et gratuit.
Si cette histoire est, à elle seule, déjà navrante,
la réaction de Claude Bérit-Debat, sénateur socialiste de la Dordogne et Président de la Communauté d’Agglomération Périgourdine, est, quant à elle, carrément affligeante. En effet, comme le
relate le quotidien régional Sud-Ouest dans son édition du jeudi 5 janvier 2012, le fidèle soutien de François Hollande serait intervenu auprès des chauffeurs de Péribus qui avaient décidé, pour
certains, d’exercer leur droit de retrait. Pour inciter les conducteurs à reprendre le volant, il aurait alors affirmé qu’il ne souhaitait pas banaliser cet évènement mais qu’il lui semblait
que leur réaction était disproportionnée par rapport aux faits. Encore un peu et le sénateur Bérit-Debat excuserait presque le geste du triste individu auteur du coup de poing. Or, ce qui
n’est effectivement pas proportionné dans cet évènement, c’est la sanction qui sera probablement infligée au
délinquant qui devrait s’en tirer avec une peine de sursis ou, en cas de sanction ferme, avec un aménagement de sa peine. Et c’est bien là le fond du problème : dans une société qui ne
réprime plus, dès leur origine, les actes de violence (et encore moins les « incivilités »), certains, malheureusement de plus en plus nombreux, se croient permis de jouer les caïds… en
toute impunité.
Alors puisque la majorité du Sénat est désormais dans le camp
socialiste, Monsieur Bérit-Debat s’honorerait à déposer, avec quelques-uns de ses collègues (dont Bernard Cazeau, l’autre sénateur socialiste de la Dordogne et président du Conseil Général), une
proposition de loi pour modifier les dispositions du code de procédure pénale issues de la loi pénitentiaire n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 relatives aux aménagements de peine
pour les personnes condamnées à des peines d’emprisonnement de moins de deux ans. Par cet acte, le sénateur Bérit-Debat montrerait
concrètement aux chauffeurs de Péribus, qu’effectivement, il ne « banalise pas » l’agression dont a été victime leur collègue et qu’il plaide pour une application exemplaire
des condamnations, seule voie à un véritable rétablissement de la chaîne pénale. Alors, chiche ?
Pascal BILLAT
Secrétaire départemental DLR 24
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